Digital Fragmenta Historicorum Graecorum (DFHG)

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VOLUMEN QUINTUM PARS ALTERA

DISCOURS PRÉLIMINAIRE

Le royaume d'Arménie, dont l'histoire remonte aux époques les plus anciennes du monde et qui s'est maintenu, malgré des vicissitudes sans nombre, jusqu'à des temps assez rapprochés de nous, n'a jamais joué un rôle bien marquant dans les annales de l'Asie. Entoués de tous côtés par de puissants voisins, sans cesse en lutte ouverte avec eux, pour défendre leur indépendance menacée et maintenir l'intégrité de leurs frontières, constamment arrêtés dans leurs développements par d'audacieux envahisseurs, qui, à plusieurs reprises, dévastèrent et ruinèrent le pays, les Arméniens n'ont jamais pu s'elever à ce degré de puissance qui assure la stabilité et la force d'un empire.

La littérature de l'Armqenie s'est fortement ressentie du marasme continuel qui a constamment pesé sur le génie des populations nombreuses de ce pays. Si l'on compare ce que l'on connaît des œuvres littéraires des anciens écrivains arméniens à celles des peuples avec lesquelsils se sont trouvés en contact, on est obligé de reconnaître que leurs productionsintellectuelles n'occupent qu'un rang secondaire parmi les autres littératures de l'Orient.

Cependant, il paraît qu'à une éroque fort ncienne, les arméniens avaient une littérature très-déneloppée; des fragmenets de longs poëmes ériques, de chants populaires et de ballades, que nous trouvons érars dans les œuvres de quelques écrivains d'un àge plus récent, sont là pour attester qu'il existait autrefois, en Arménie, de riches trésors littéraires qui sont à jamais perdus.

Ce qui nous est parvenu de ces chants antiques se borne à fort peu de chose; quelques vers isolés, quelques strophes que la tradition transmettait aux générations successives, le souvenir confus de récits héroïques, dont le sens allégorique paraît avoir embarrassé les historens des premiers siècles du christianisme, tels sont les seuls vestiges qui nous restent de l'antique littérature de l'Armqenie. Ces poëmes, composés longtemps avant la prédication de l'Évangile dans les contrées de l'Ararat, sont attribués aux bardes d'un petit district de la province de Vasbouragan, qu'on appelait le canton de Koghtèn, «pays fertile envin (1).» La verve poétique de ces bardes, qui formaient l caste savante et lettrée de l'Armqenie, leur a valu une grande renommée dès les temps les plus anciens.

Les chants de l'antique Arménie rappellent principalement des énénements, la plupart héroïques et légendaires, accomplis à des époques très-différentes, ce qui donne à penser qu'ils ont du être composés, à diverses reprises, par des rhapsodes, dont les noms ne nous sont point parvenus. Les sujets traités dans ces chants démontrent clairement qu'ils n'ont été inspirés ni à des prêtres païens, ni à des poëtes qui auraient vécu sousleur influence, en vue d'être récités dans des fêtes religieuses ou en face des autels. Au contraire, on reconnaît de prime abord que ces chants sont l'œuvre de bardes nationaux, ayant un libre accès dans le palais des souverains et à la cour des satrapes. C'est ce qui fait supposer que ces poëmes sont peut-être dus à des ménestrels, à la solde des rois et des nobles, et ayant pour emploi de célébrer leurs vertus et leurs prouesses.

Bien que ces poëmes datent de l'époque où le paganisme florissait on Arménie, ils étaient encore chantés par le peuple, longtemps après que le christianisme eut jeté de profondes et solides racines dans le pays. Le fanatisme religieux qui présida à l'établissement de la foi nouvelle dans les contrées de l'Ararat (2) ne put faire entièrement disparaître les traces du génie poétique d'un âge antérieur, et l'historien Moïse de Khorène, que l'on considère à juste titre comme l'Hérodote de l'Arménie, après avoir rapporté quelques vers détachés de ces chants primitifs, ajoute qu'ils étaient encore récités de son temps par les habitants du canton de Koghtèn (3). Le prince Grégoire Magistros, duc de la Mésopotamie et l'un des écrivains les plus remarquables du onzième siècle, rapporte également une strophe d'une ballade antique, que les villageois chantaient encore de son temps (4).

La foi religieuse est restée complétement étrangère, ainsi que nous l'avons dit, à la composition des chants antiques de l'Arménie. Les poëmes des vieux bardes du Koghtèn nous apparaissent, dans les rares fragments qui nous sont parvenus, comme des «chants traditionnels et historiques,» et c'est ce nom que les écrivains arméniens des premiers siècles de notre ère emploient pour les désigner.

Les critiques les plus autorisés conjecturent, avec beaucoup de vraisemblanece, que les chants dont parle Moïse de Khorène formaient une épopée complète, analogue au Schah-Nameh des Persans (5), où se déroulait toute l'historie des anciens rois de l'Arménie. Ces chants historiques étaient de trois sortes:ceux que les critiques appellent chants de premier ordre relataient bes actes de valeur et les hauts faits des rois et des grands capitaines de l'Arménie. On range dans cette catégorie les fragments poétiques relatifs à Tigrane, fils d'Erouant (6), à Vahakn, son fils (7), à Ardaschès III (8), à Ardavazt son fils (9) et à Varkès (10). Les chants de second ordre sont désignés plus spécialement par Moïse de Khorène sous le nom de «chants métriques». Dans ces chants, les bardes arméniens racontaient une longue suite d'énénements accoplis chez les Assyriens, les Mèdes et les Perses, et qui embrassaient l'espace de plusieurs siècles. Enfin, les chants de troisième ordre sont ceux qui renferment des traditions spéciales aux Assyriens, notamment la légende de Piourasb, intercalée entre le premier et le second livre de l'Histoire de Moïse de Khorène (11).

Les invasions et les guerres incessantes qui ne cessèrent de désoler les contrées de l'Ararat et de bouleverser le royaume d'Arménie, pendant toute la durée de la dynastie des Arsacides, contribuèrent, dans une notable proportion, à frapper de stérilité le génie poétique de la race d'Haïg. Mais la religion chrétienne, en pénétrant en Arméniè, acheva de porter le coup. Fatal à l'ancienne littérature nationale. L'apotre saint Grégoire l'Illuminateur anéantit, à ce que racontent ses biographes, jusqu'aux moindres vestiges de cette littérature profane et païenne, en ordonnant de livrer aux flammes tous les livres qui avaient échappé à la torche incendiaire des envahisseurs venus de la Perse (12). Sans attacher trop d'importance au récit des hagographes qui attribuent à saint Grqegoie la destruction des chefs-d'œuvrede l'antique littérature nationale, nous croyons, avec Moïse de Khorène, que c'est surtout la coupable négligence des Arméniens qui fut la cause principale de l'anéantissement de leurs trésors littéraires. En effet, la religion de l'Évangile, en modifiant d'une manière trèssensible les idées et les coutumes anciennes des Arméniens, et en laissant échapper de leurs souvenirs les vieilles traditions nationales, contribua, dans une très-forte mesure, à la perte des chefs-d'œuvre de l'antique littérature, qui fut complétement oubliée, pour laisser la place à des compositions presque exclusivement religieuses.

On s'apercoit aisément de cette transformation subite opérée dans les idées du peuple arménien, en lisant les ouvrages que nous ont transmis leurs premiers écrivains chrétiens. Dès que la foi nouvelle se fut victorieusement implantée en Arménie, à la suite du martyre et de la prédication de saint Grégoire, les lettrés du pays, qui tous faisaient partie de la caste sacerdotale, ne songèrent qu'à consolider l'édifice religieux élené par l'Illuminateur, en répandant, au moyen d'écrits nombreux, la doctrine de l'apôtre et en remaniant, par de grossiers procédés, Thistorie primitive du pays. Les ouvrages historiques se ressentent tellement de cet envahissement des idées chrétiennes dans les esprits, qu'ils prennent la forme de compositions purement hagiographiques, ou la légende occupe la plus grande place. Tels sont, par exemple, les biographies du roi Tiridate et de saint Grégoire par Agathange (13), les récits des premiers triomphes de la foi chrétienne en Arménie par Zénob de Glag (14), et l'histoire de la prédication de l'apôtre Thaddée, à Édesse, qui nous est parvenue sous le nom de Léroubna (15).

La découverte, ou plutôt la mise en usage des caractères alphabétiques arméniens par Mesrob, dès les premières années du cinquième siècle, n'apporta que des modifications peu sensibles au système adopté par les premiers écrivains chrétiens de l'Arménie. Cependant, on doit observer que les historiens du cinquième siècle, et notamment Moïse de Khorène, Lazare de Pharbe et Elisée (16), font exception à cette règle. On trouve dans leurs écrits des tracés irrécusables d'une culture nationale antérieure, et c'est gràce eux et à leur école, profondément imbue des idées grecques, fort en honneur de leur temps en Arménie, que nous devons la conservation des vieilles traditions du pays.

Après avoir subi une sorte d'éclipse durant plusieurs siècles, la litterature arménienne reparaît sous un jour tout à fait neuf au quatrième siècle de notre ère. Le nouvel alphabet dont Mesrob dota son pays, contribua puissamment à la renaissance des lettres, car presque aussitôt sa mise en pratique, les Arméniens, qui se servaient pour écrire leur langue de caractères perses, syriaques et grecs (17), virent s'ouvrir une ère toute nouvelle pour leur littérature. La langue nationale, formée depuis longtemps déjà, atteignit, pendant toute la durée du cinquième siècle, son plus haut degré de prospérité.

Toutefois, il ne faudrait pas croire que les écrivains que les Arméniens revendiquent avant le quatrième siècle et même à une époque postérieure, comme leurs compatriotes, appartenaient à leur nation. C'étaient pour la plupart des Syriens et des Grecs, dont les œuvres, traduites de bonne heure dans l'idiome national, forment l'ensemble des sources auxquelles puisèrent les annalistes arméniens pour écrire l'histoire de leur pays. Ce sentiment d'un patriotisme exagéré, qui a fait considérer les Syriens Mar Apas catina (18), Bardesane d'Édesse (19), Léroubna (20) et Zénob de Glag, les Grecs Olympius (21), Ardithéos (22), Faustus de Byzance (23), et le Perse Khorohopoud (24) comme des ecrivaius arméniens, n'a rien de fondé; car ces auteurs, ainsi que leurs noms l'indiquent, étaient très-certainement des étrangers et composèrent leurs ouvrages dans leurs langues maternelles. Au contraire, les auteurs que les Arméniens peuvent revendiquer à juste titre, comme appartenant à leur nation, bien qu'ils aient écrit leurs ouvrages dans une langue étrangère, sont relégués par eux au second plan. Quelques-uns, il est vrai, se servirent de la langue grecque de préférence à l'idiome national; ainsi le roi Ardavazt I er, fils de Tigrane, qui fut emmené prisonnier par Marc-Antoine en Égypte, l'an 34 avant notre ère, et périt de mort violente à Alexandrie, avait composé des tragédies, des livres historiques et des discoturs en grec (25). On cite également le rhéteur Barouïr, appelé par les Grecs Proérésios, qui fut maître d'eloquence à Athènes et à Rome, et qui avait prononcé en grec des discours et des panégyriques tellement remarquables, que sea contemporains lui décernèrent le titre de «prince des orateurs (26)». On n'est pas certain si saint Grégoire l'Illuminateur, qui composa beaucoup de discours et de prières, et qui rédigea les premiers canons de l'Église d'Arménie, écrivit en arménien, au moyen de l'alphabet bellénique, ou si ses ouvrages ont été rédigés originairement dans l'idiome grec. Tout ce que nous savons, d'une manière certaine, c'est que tous les onvrages qu'on lui attribue nous sont parvenus dans la langue arménienne (27). On doit croire aussi que les règlements et les canons de saint Nersès le Parthe furent vraisemblablement rédigés en grec, et que ce ne fut que plus tard qu'ils furent traduits en arménien par les savants du cinquième siècle.

Lorsque la litterature arménienne, par suite l'adoption des caractères alphabétiques appropriés à son idiome, eut repris le dessus sur les littératures grecque et syriaque, on vit se manifester tout à coup un phénomène bien digne de fixer l'attention des philologues. La langue arménienne, qui n'était plus employée que par le peuple et avait été réduite, pendant plusieurs siècles, à l'état d'idiome vulgaire, devint la langue sacrée et savante du pays. Le clergé arménien avait compris, en effet, que pour répandre les lumières de la foi nouvelle parmi le peuple, il fallait de toute néeessité employer le langage qui lui était familier. Or le gree et le syriaque n'étaient compris que des prêtres, et les populations montraient peu d'empressement à se livrer aux pratiques du nouveau culte, dont les ministres, syriens pour la plupart, employaient leur langue pour célébrer les mystères de la foi.

Pendant près d'un siècle, c'est-à-dire depuis la conversion du roi Tiridate et l'apostolat de saint Grégoire, jusqu'au temps de Vram-Schapouh et de Mesrob, les écolés qu'on avait ouvertes en vue de populariser la religion du Christ ne formaient que des prêtres habiles dans la lecture des textes grece et syriaques. Pour être admis dans les ordres sacrés, la connaissance du syriaque était indispensable. Agathange (28), Zénob de Glag (29), Gorioun (30) et Vartan (31) attestent ce fait dans leurs écrits. Le clergé national reconnut l'imperfection de cette méthode et résolut de donner une impulsion toute nouvelle à l'étude de la langue arménienne, afin de mettre un terme à l'omnipotence des prêtres syriens. Pour lui, il ne suffisait pas de prêcher la foi nouvelle, il fallait, pour lafaire accepter, qu'on format et qu'on éclairât les esprits. Cette éducation exigeait le concours de la science; mais l'absence de caractères alphabétiques, propres à la langue arménienne, rendait cette tache extreêmement diffiecile. C'est alors que Mesrob concut la pensée de doter sa nation d'une écriture qui permettrait de transcrire avec facilité tous les mots de la langue arménienne. Cette innovation n'anait d'ailleurs rien de blessant pour les Arméniens, car l'écriture est regardée, chez les Orientaux, comme une institution religiense. Ludolf a observé avec beaucoup de justesse que l'initiation d'un peuple barbare à une foi nouvelle est d'ordinaire suivie de l'introduction de l'alphabet, ou d'un changement dans le caractère national (32).

On a beaucoup disserté sur l'histoire de l'invention des caractères arméniens. L'incertitude et le merveilleux qui planent dans les récits des Arméniens, même contemporains de l'invention, ont donné lieu à des divergences d'opinion très-tranchées. Cependant, si l'on écarte deleurs relations les interventions miraculeuses qui présentent tous les caractères d'une légende, on parvient à se faire une idée assez exacte du procédé que Mesrob employa pour arriver à doter son pays de la découverte précieuse à laquelle son nom est resté attachè.

Lorsque Mesrob concut le projet d'inventer un alphabet pour sa nation, il consulta d'abord le patriarche saint Sahag et l'engagea à convoquer une assemblée dans la ville de Vagharschabad, pour étudier la question. Le roi Vram-Schapouh, qui assistait à la réunion, ayant appris qu'un énêque syrien, du nom de Daniel, possédait un ancien alphabet arménien, envoya près de lui un prêtre, appelé Abel, qui rapporta ces caractères avec leur épellation. On suppose que cet alphabet, composé de 22 ou de 27 lettres (33), servit de base à Mesrob, et c'est lui qu'on est convenu de désigner sous le nom de daniélien. Cet alphabet, ne remplissant pas entierement le but qu'on s'était proposé, Mesrob, d'après l'ordre du roi et du patriarche, alla trouver Daniel en Mésopotamie, afin d'anoir de lui des renseignements plus précis. Sa mission ayant échoué, Mesrob revint un peu découragé en Arménie. Sur ces entrefaites, il apprit qu'il y avait à Édesse un savant, nommé Platos, qui pourrait l'aider dans ses recherches. Mesrob vint le trouver, et ne put obtenir de Platos qu'une lettre de recommandation pour le rhéteur Épiphane, personnage três-versé dans la lecture et la connaissance des langues de l'Asie. Une nouvelle déception attendait encore Mesrob: Épiphane était mort, et son disciple, Rufin, s'était retiré dans la solitude, à Samos. Mersrob se mit à la recherche de ce dernier, mais il ne put tirer de lui aucun secours. C'est alors, disent ses biographes et les historiens, que Mesrob, désespéré de son insuccès, s'adressa à Dieu, qui lui envoya une vision pendant laquelle ilaperout une main miraculeuse tracant sur la pierre les caractères de la langue arménienne. Mesrob se rendit de nonveau auprès de Rufin qui donna aux lettres, rénélées par Dieu à Mesrob, des formes gracieuses et élégantes. Tel est en résumé le récit de Gorioun (34). A ces renseignements, il faut ajouter ce que raconte à ce sujet Moïse de Khorène. L'Hérodote arménien, après avoir parlé des tentatives infructueuses de Mesrob, dit que, pendant sa vision, une main divine traca sur lapierre les sept voyelles de l'alphabet arménien (35). Cette opinion est partagée aussi par Assoghig (36) et par Vartan (37). Cette dernière circonstance de l'invention des voyelles n'est pas clairement expliquée par Gorioun et Lazare de Pharbe (38); cependant gorioun laisse supposer que les Arméniens possédaient, bien avant la découverte de Mesrob, des caractères qui leur étaient propres (ce sont vraisemblablement ceux qu'on appelle daniéliens), et qu'on avait abandonnés depuis longtemps déjà, parce que leur emploi était difficile et qu'ils ne suffisaient pas à exprimer tous les sons de la-langue (39). Moïse de Khorène complète ces renseignements en disant que les letteres furent disposées selon l'ordre de Talphabet grec (40).

De tous ces récits il résulte que Mesrob n'inventa pas l'ensemble des caractères arméniens. Comme le croient certains écrivains nationaux (41), mais qu'il compléta l'alphabet daniélien au moyen des consonnes et des voyelles qui manquaient, pour exprimer tous les sons de la langue et faciliter l'épellation des mots (42). La découverte de Mesrob se trouve donc réduite maintenant à sa véritable valeur, et on sait du reste que l'introduction des voyelles grecques dans l'écriture syriaque, attribuée à Théophile d'Édesse, au huitième siècle (43), a été amenée par une nécessité analogue à celle qui engagea Mesrob à employer ces mêmes voyelles, pour faciliter l'épellation des syllabes et la lecture des mots du langage arménien.

Par tout ce qui précède, on voit que les Arméniens avaient subi, d'assez bonne heure, l'ascendantexercé sur leur idiome par leur contact avec les Syriens et les Grecs. Leurs plus anciennes traductions portent l'empreinte de l'influence syriaque et hellénique, et la conséquence linguistique de ces relations mutuelles fut l'introduction d'un certain nombre de mots grecs et syriaques dans l'arménien. (44).

Nous allons étudier maintenant le rôle prépondérant de l'hellénisme et l'action décisive que la langue grecque exerca dans tout Torient, mais surtout en Syrie et en Arménie, durant les premiers siècles de l'ère chrétienne.

De toutes les langues parlées dans l'antiquité, le grec est assurément celle qui a été la plus répandue sur la surface du vieux monde. Cet idiome, qui prit naissance dans la Grèce proprement dite, s'étendit peu à peu sur les contrées du voisinage, gagna, la Thessalie, la Macédoine, les points occupés par les colonies grecques de l'Asie-Mineure,et finit bientôt par envahir une notable partie de l'Asie occidentale.

La prépondérance de la langue grecque ne s'exerca pas seulement sur les idiomes avec lesquels elle se trouva en contact immédiat, elle parvint même à en faire oublier quelques-uns, comme ceux qui étaient originairement parlés dans la Thrace et dans la Thessalie. Dans les contrées où la langue grecque ne s'étendait que sur une partie du pays, et notamment sur les littoraux où les Hellènes avaient etabli des colonies ou des comptoirs, elle réduisit a un rang secondaire les idiomes parles dans les différentes localités où s'exerca l'activité commerciale du peuple grec. Ainsi, par exemple, en Syrie, en Judée et dans la Basse-Égypte, le grec s'érigea en langue littéraire et savante, et disputa le terrain aux idiomes nationaux qu'elle ne put faire entièrement disparaître.

Lors de sa plus grande extension, la langue grecque était parlée de la Sicile aux rives du Tigre, de la Mer Noire à I'Abyssinie. Ce developpement extraordinaire d'une langue, d'abord resserrée dans des limites géographiques assez étroites et qui gagna des contrées fort éloignées de son point de départ, est assurément I'un des plus curieux phénomènes que les fastes du langage offrent aux méditations de I'observateur. Originairement, le grec était I'idiome particulier d'un petit peuple issu de la grande famille arienne; plus tard il devint la langue officielle et savante de toutes les nations avec lesquelles les Grecs se trouvèrent en rapports, et le développement qu'il acquit est la preuve manifeste de sa supériorité sur les idiomes indo-européens et sémitiques qu'il parvint à dominer, lorsqu'il n'arriva pas à les éliminer complétement. M. Renan observe, avec beaucoup d'à propos, qu'un phénomène analogue s'est produit durant tout le moyen-àge, pour une des langues appartenant à la famille des idiomes sémitiques, l'arabe, avec cette différence, toutefois, que si l'extension de ce dernier idiome a été plus grande et plus rapide que celle du grec, il n'est point parvenu cependant à s'imposer victorieusement aux populations soumises durant des siècles à la domination de l'Islam (45). Les développements acquis par la langue grecque, la vulgarisation des chefs-d'œuvre de sa littérature, ont eu pour résultat d'exercer une action civilisatrice et bienfaisante sur le génie des peuples où cette langue s'est plus particulièrement exercée; tandis que l'arabe, malgré les efforts des conquérants musulmans, n'a pu réussir a annihiler l'effet produit, plusieurs siècles auparavant, par I'influence de I'idiome hellénique.

Une des causes de I'action décisive exercée par le grec sur les autres idiomes, avec lesquels il se trouva en contact, est la répulsion marquée que le peuple grec témoigna à toutes les époques, pour l'étude ct la pratique des langues étrangères. Les Grecs, regardant comme un privilége tout spécial de parler la langue nationale, n'ont jamais songé à se familiariser avec les idiomes des peuples barbares, ἄγλωσσοι (46), avec lesquels ils furent en relations; et cette indifférence qu'ils témoignèrent pour les langues étrangères n'a pas été une des moindres causes des développements que leur propre idiome a acquis dans les contrées où les Grecs étaient entraînés par l'esprit de conquête ou de commerce. On signale toutefois quclques exceptions à cette loi générale, par exemple Thèmistocle qui étudia et parlait avec facilité la langue des Perses (47). Au contraire, les Orientaux avaient, comme de nos jours, une aptitude toute spéciale pour apprendre les idiomes des peuples étrangers, et ils montraient en particulier une grande prédilection pour l'étude du grec. Peu de temps après la conquète macédonienne, nous trouvons Bérose à Babylone, Ménandre à Tyr, Manéthon en Égypte, compilant, d'après les documents originaux, les annales de leurs patries respectives. C'est donc un fait significatif de voir, peu de temps après le passage d'Alexandre en Orient, la langue grecque cultivée par des écrivains d'origine barbare, et on chercherait en vain un Grec de ce temps-là qui ait composé des ouvrages en langue étrangère.

Ce fut peu de temps après la conquête macédonienne que l'usage de la laugue grecque commenca a se répandre en Orient. A partir du moment où elle fit son apparition dans les contrées de l'Asie et de l'Afrique, elle étouffa, pour ainsi dire, durant l'espace de six siècles, le génie sémitique, qui abdiqua, dit M. Renan, son individualité, pour subir l'ascendant de ]a Grèce. Mais, lors de l'apparition de l'islamisme, l'elément sémitique se réveilla tout a coup, et ses développements furent tels, qu'a son tour il éclipsa l'hellénisme et s'isola complétement de toute influence indo-européenne. Cependant, à l'exception de la littérature arabe, toutes les littératures de l'Asie occidentale, syriaque, arménienne, géorgienne, copte, éthiopienne, portent l'empreinte de l'influence grecque, devenue inséparable de la religion chrétienne (48).

Ce furent les Syriens d'en-decà de l'Euphrate qui subirent les premiers l'ascendant de la Grèce. Le changement politique produit dans l'Aramée, par l'établissement de la dynastie des Séleucides, amena également des modifications profondes dans le caractère des Syriens, qui adoptèrent sans trop de difficultés les coutumes et le langage des Grecs. Ceux de la Mésopotamie résistèrent avec plus d'opiniàtreté, bien que les études helléniques aient été souvent florissantes dans cette contrée.

Dès le cinquième siècle de notre ère, le syriaque, qui était la langue propre de presque toutes les provinces de la Syrie, fut à peu près éclipsé par les études helléniques qui prirent un développement tout nouveau dans la Mésopotamie, gràce à l'école d'Édesse, devenue l'asile des Nestoriens. Après la destruction de cette célèbre école en 489, ces études passèrent aux Jacobites et ne cessèrent de produire entre leurs mains d'assez bons résultats, pendant les siècles qui suivirent (49).

La Syrie fut, de toutes les contrées de l'Asie occidentale, le pays où la langue grecque jeta ses racines les plus profondes et exerca une action prédomiuante sur les idiomes parlés dans l'Aramée , et notamment sur le syriaque.

Depuis l'établissement de la dynastie des Séleucides jusqu'au milieu du premier siècle de notre ère, la domination grecque ne cessa pas en Syrie, et la langue des conquérants acquit dans cette région une importance et une influence décisives. La réduction de la Syrie en province romaine n'apporta aucune modification daus les mœurs et les institutions des habitants, et la langue grecque ne souffrit aucunement du changement politique advenu par suite de l'arrivée des Romains. Bien plus, lorsque la religion chrétienne s'implanta en Syrie, la langue grecque finit par gagner du terrain et envahit peu à peu toutes les populations qui habitaient au-delà de l'Euphrate.

L'introduction d'un culte nouveau en Syrie fut la cause déterminante de l'extension que prit l'idiome grec dans la partie occidentale de la Mésopotamie; mais, comme le peuple n'entendait pas cette langue, le clergé se vit dans la nécessité de remédier à l'ignorance des classes inférieures, en entreprenant des traductions du grec en syriaque, langue vulgaire du pays. C'est à cette circonstance qu'est due la version peschito (simple) des Livres-Saints, au deuxième siècle de notre ère (50). Ce premier essai de traduction n'ayant point paru satisfaisant, les savants syriens entreprirent, au sixième siècle, de refaire une nouvelle vetsion, dont la rédaction fut confiée à Philoxène, énêque d'Hiéropolis, et à Polycarpe. Un siecle plus tard, Thomas d'Héraclée en fit la révision sur le texte grec. Les conciles tenus en Syrie par les Pères grecs et syriens assemblés, et dont les actes étaient redigés en grec, déterminèrent un nombre assez considérable de versions de ces actes en langue syriaque. En même temps, les œuvres des Pères grecs, traduits dans l'idiome vulgaire de Syrie, fournirent une abondante moisson litteraire. Cet ensemble de compositions religieuses, empruntées aux écrivains chrétiens de la Grèce, constitue en majeure partie le fond de l'ancienne littérature syriaque, et c'est à elle qu'il faut demander les traductions des écrits de plusieurs docteurs de l'Église grecque dont les œuvres, originairement écrites dans l'idiome hellénique, sont aujourd'hui perdues. C'est ainsi que nous sont parvenus quelques écrits de Théodore de Mopsueste, de Diodore de Tarse, de Sévère d'Alexandrie et d'Eusèbe de Césarée (51). Les livres de liturgie, les décrets des conciles furent également traduits du grec en syriaque, par des fonctionnaires de l'Église affectés spécialement à ces traductions, et qui furent désignés sous le titre d'« interprètes ou traducteurs (52)». On cite parmi eux Paul, évêque de Callinique en Osrhoène, au sixième siècle, auteur d'une version syriaque des œuvres de Sévère; Serge de Résaïn, traducteur de livres de médecine et de philosophie; Jacques d'Édesse, au septième siècle, qui, outre les ouvrages des Pères, traduisit plusieurs livres d'Aristote, notamment les Catégories, les Interprétations, les Analytiques, et le Compendium de la philosophie aristotélique de Nicolas (53); enfin le patriarche Jacobite Athanase II, auquel on doit une version des Homèlies de Sévère, de la Dialectique d'Aristote et de l'Εἰσαγωγή de Porphyre (54).

La littérature profane fut aussi l'objet de la préoccupation des traducteurs, et elle fournit un contingent considerable à la littérature syriaque. Ainsi, outre les œuvres d'Aristote, les interprètes donnèrent des versions des livres d'Hippocrate et de Galien (55). Cependant, les Nestoriens paraissent s'être adonnés de préférence à ces traductions profanes, dont quelques-unes devaient servir ellesmêmes à entreprendre d'autres versions, dans les langues parlées par les autres chrétiens de l'Asie et par les musulmans.

Édesse, capitale d'une toparchie syrienne, et qui était peuplée de savants, possédait de riches bibliothèques, d'importantes archives, et devint le centre des études helléniques (56). C'est dans cette. ville que furent entreprises, par les lettrés réunis dans son école, les premières traductions du grec en syriaque. Vers le milieu du cinquième siècle, Cumas, Probus et Ibas donnèrent une version des livres d'Aristote (57). Mais, à la fin du cinquième siècle, l'ecole d'Édesse fut troublée par des querelles religieuses, et l'empereur Zénon ferma l'école et chassa les savants (58). Les exilés nestoriens transportèrent alors en Perse le goùt des études, continuerent à traduire dès livres grecs dans leur idiome maternel (59) et donnèrent une iippulsion très-grande à l'ecole de Nisibe et à celle de Gandischapour qui venait d'être fondée (60).

Lès Syriens chrétiens avaient déjà abandonné en partie la culture du grec. que certaines villes d'Orient, qui avaient reçu d'eux, quelques siècles auparavant, la science hellénique, voyaient fleurir chez elles la littérature grecque, dont elles conservèrent la tradition jusqu'en plein moyen àge. La ville de Carrhes (Harran), par exemple , qui renfermait une population qui n'était ni chrétienne, ni musulmane, possédait une école où l'hellénisme était fort en honneur. C'est de cette école que sont sorties les nombreuses traductions d'ouvrages grecs en syriaque qui furent entreprises au dixième siècle, et dont la tradition se continua jusqu'au douzième siècle (61).

Si des populations qui ne semblaient point appelées, par leur éloignement ou par leurs croyances religieuses, a être envahies par l'hellénisme, subirent son influence, d'autres, au contraire, qui furent en contact incessant avec les Grecs, opposèrent une énergique résistance a l'esprit hellénique. Les Juifs de la Palestine par exemple furent de ce nombre, et les tentatives des Séleucides, pour amener les Israélites à adopter leur idiome, échouèrent complétement. Le parti grec qui s'était formé à Jérusalem, à l'époquq des Macchabées, dut, céder devant l'opiniàtre résistance du parti national (62). Il semble cependant, que dans d'autres villes où s'étaient établies des communautés israélites, comme à Césarée et à Scythopolis, l'hellénisme était en faveur chez les Juifs qui faisaient usage de la version grecque des Écritures (63). Après la catastrophe qui mit fin a la synagogue de Jérusalem, l'antipathie des Juifs pour l'hellénisme devint de plus en plus déclarée (64). On frappa d'anathème quiconque apprendrait les lettres giecques à son fils (65), et il ne resta plus d'autres traces de l'influence grecque et romaine en Judée, que quelques mots grecs et latins employés dans la langue de la Mischna et du Talmud (66). Contrairement à leurs frères de la Palestine, les Juifs d'Égypte acceptèrent la langue et la culture helléniques. Ce fut en effet à Alexandrie que fut entreprise la version des Septante (67), et l'école des Juifs hellénistes qui florissait sur les rives du Nil a produit, outre les traducteurs des Livres-Saints, des hommes assez marquants, comme Philon le juif, pour qu'on ne puisse pas dire que les études grecques trouvèrent une résistance invincible de la part du mieux doué de tous les peuples sémitiques. Cependant, cette répulsion des Juifs de Jérusalem pour les études grecques explique. pourquoi on ne trouvc point dans la littérature hébraïque de traductions des livres grecs. On ne peut en effet considérer comme dés traductions des Ouvrages grecs, les rares versions faites sur des livres déjà traduits par les Arabes sur des textes syriaques. Telles sont par exemple les traductions d'Aristote en hébreu, et quelques livres de médecine existant à la bibliothèque du Vatican (68) et dans d'autres dépots littéraires de l'Europe.

Les Arméniens furent initiés de bonne heure à la science hellénique par les Syriens, qui parvinrent même à l'introduire chez les Perses, et plus tard chez les Arabes. Mais l'Arménie, qui était devenue chrétienne, subit bien plus profondément que l'Iran, l'influence des Syriens, dont la langue joua, pendant quelque temps, chez les populations de l'Ararat, le role d'idiome sacré. En effet, lors de l'introduction du christianisme en Arménie sous le règne de Tiridate, la grande majorité du clergé arménien se composait de prêtres syriens (69), et les traductions arméniennes de la Bible et des principaux ouvrages ecclésiastiques furent d'abord composées sur le syriaque (70). Mais si l'idiome vulgaire de l'Aramée parvint a supplanter, pendant quelque temps, l'hellénisme en Arménie, l'étude du grec reprit bientòt le dessus; et le clergé national, en se plaçant sous le patronage de. l'Église de Constantinople et de l'évêque de Césarée, abandonna les études syriennes, pour s'adonner de préférence aux études grecques. Les prêtres syriens qui habitaient les couvents de l'Arménie, durent céder la place à des moines du pays, et les supérieurs des couvents, dont quelques-uns étaient des syriens, furent remplacés par des évêques arméniens (71). La réunion du concile d'Éphèse paraît avoir été la cause déterminante de la réaction qui s'opéra en Arménie contre les Syriens. A ce moment, le patriarche saint Sahag et Mesrob reçurent des Pères qui composaient cette assemblée, une Bible en langue grecque qui fut immédiatement traduite, afin de corriger les imperfections de la première version faite sur le syriaque (72). Cette circonstance détermina saint Sahag à envoyer deux des disciples de Mesrob à Alexandrie, pour apprendre le grec (73). Au cinquième siècle, le nombre des disciples dirigés en Égypte, à Constantinople et à Athènes, s'accrut considérablement (74), et ce sont ces voyageurs qui, rentrés dans leur patrie, jetèrent les fondements de la célèbre « Ecole des interprètes ou traducteurs », qui brilla d'un si vif éclat jusqu'au commencement du sixième siècle (75).

Durant l'espace de vingt années, c'est-à-dire depuis l'adoption des caractères alphabétiques, jusqu'au moment de la décadence de l'empire des Arsacides et de l'ingérance de plus en plus prépondérante de la Perse dans les affaires de l'Arménie, beaucoup de disciples se formèrent dans les écoles fqndées dans toutes les provinces de ce royaume. Les critiques arméniens divisent en deux classes les disciples qui, durant cette période, s'exercèrent au pénible labeur des traductions. Les plus anciens sont désignés sous le nom de «premiers traducteurs», et les élèves qui travaillèrent sous la direction de ces derniers, sont appelés « seconds traducteurs ». On range dans la première classe les disciples immédiats de Sahag et de Mesrob, qui secondérent les efforts de leurs maîtres dans leurs traductions. Les versions de ces premiers traducteurs se reconnaissent à l'absence de toute influence hellénique, comme par exemple le Pentateuque, les Arguments des Livres de l'Ancien Testament, les Évangiles, quelques anciens chants d'église, les cantiques des dimanches, les hymnes de Pàqueset de la Pentecòte. La seconde classe se composait des disciples des anciens traducteurs, qui furent envoyés dans différentes villes de la Syrie, de l'Égypte et de la Grèce, pour compléter leur instruction.

Parmi les premiers traducteurs dont l'histoire nous a transmis les noms, il faut citer Joseph de Khoghotsim, dans le canton de Vaïotzdzor (76), qui fut patriarche de l'an 441 à l'an 452, et qui présidale synode d'Ardaschad (77); Hovhan ou Jean qui fut martyrisé à Ctésiphon; Ghévont ou Léon, prêtre de Vanant, qui aida puissamment Vartan à combattre le mazdéïsme, que les Perses voulaient imposer à l'Arménie. Léon était le chef des disciples que Mesrob conduisit avec lui à Mélitène, et qu'il avait laissé dans cette ville, auprès de I'évêque Acacius, à la demande du général Anatole. Mesrob qui s'était consacré à l'instruction de ses disciples, dans le désert de Schaghakomk (78), nomma Léon directeur à sa place. Celui-ci, ayant appris que quelques-uns de ses compagnons se trouvaient à Constantinople, où ils s'occupaient de la traduction d'ouvrages grecs, vint les rejoindre. De là, il retourna en Arménie, où il rapporta des mauuscrits des Livres-Saints et les canons des conciles de Nicée et d'Éphèse. On cite encore parmi les anciens traducteurs, Eznig de Goghp et Gorioun; le premier composa une « Réfutation des hérésies (79)» et le second est l'auteur de la « Biographie de Mesrob (80)»; Mouché de Daron et Der ou Diraïr de Khortzen (81); Joseph de Baghin et Hovhan d'Égéghiatz, qui secondèrent puissamment Mesrob, en exercant ses disciples dans la traduction des Livres-Saints (82). Plus tard Mesrob, étant revenu du pays des Koukar (Gogarène), envoya Joseph de Baghin et Eznig, à Édesse, en vue d'obtenir des traductions des premiers Pères syriens. Ceux-ci quittèrent bientôt cette ville et se dirigèrent sur Constantinople, pour continuer la version des œuvres des Pères grecs. Ils rapportèrent de leur voyage des textes authentiques et très-corrects de la Bible et des canons d'Éphèse en grec, et c'est sur ces exemplaires qu'on entreprit une traduction nouvelle de ces divers écrits, dont les premières versions laissaient beaucoup à désirer. Ceci explique pourquoi on rencontre, dans la littérature arménienne, des versions différentes de certains livres, faitesà peu près dans le même temps, comme par exemple le livre de l'Ecclésiaste (83). Enfin, on cite encore comme faisant partie de l'école des anciens traducteurs, Hénoch et Tanan qui vécurent longtemps parmi les Aghouank, Jérémie, Tatig, Knith, évêque de Tertchan, disciple de l'école de Schaghakomk, Artzan l'Ardzrouni, compagnon de Jean d'Égéghiatz, qu'il suivit a Césarée (84), et Ghazarig ou Ghaznig.

Les seconds traducteurs, dont la réputation semble avoir éclipsé celle de leurs devanciers, sont l'historien Moïse de Khorène, son frère Mampré le lecteur, le philosophe David l'invincible, le patriarche Kiud, Jean Mantagoani, les historiens Élisée et Lazare de Pharbe, et le rhéteur Ezdras d'Ankegh. Enfin, on peut ranger parmi ces traducteurs, sans pouvoir leur assigner une époque précise, Sahag, Jean, Abraham ou Abel, Ananias, Jonathan, Khatchig, Andréas, Thothoul et Varos (85).

La phipart des traducteurs de la seconde classe, qui avaient longtemps résidé dans les villes grecques, s'étaient pénétrés des beautés de la langue et de la littérature helléniques. Ils voulurent faire profiter leur idiome national des avantages qu'ils avaient retirés de l'hellénisme, en traduisant, non-seulement des livres religieux et liturgiques, mais encore des ouvrages profanes. Leur intelligence et leur gout s'étaient développés d'une manière remarquable sous l'influence d'une laugue bien formée et d'une brillante littérature. C'est ce qui explique comment, dans les traductions faites au cinquième siècle, et dans les ouvrages originaux composés à la même époque, on ressent l'influence du génie grec. Aussi, les traducteurs arméniens produisirent-ils une véritable révolution linguistique dans l'idiome national, qui acquit une plus grande précision et subit des transformations remarquables.

L'examen approfondi des textes a démontré que l'hellénisme, ou pour mieux dire, l'initiation des Arméniens à la science des lettres grecques, se fit sentir de trois manières différentes chez les écrivains de ce siècle. Ainsi Moïse de Khorène, Kiud et David l'invincible ont adopté chacum une méthode différente dans Fusage qu'ils ont fait de leurs connaissances helléniques, et c'est ce qui a fait partager ces chefs d'école et leurs disciples en trois gioùpes distincts: 1º Les traducteurs dont le style est arménien , mais dont les expressions sont prises avec une acception adaptée au génie de la langue grecque; 2º ceux qui emploient des tournures grecques, et rendent ainsi leur style difficile a saisir de prime abord; 3º enfin ceux qui emploient egalement des tournures propres au génie de la langue hellénique, et ont aussi adopté la syntaxe grecque (86).

Quelques-uns des savants qui firent leur éducation littéraire en Grèce, étaient revenus dans leur patrie, tellement enthousiastes du style grec, qu'ils voulurent même appliquer les règles de la Grammaire de Denys de Thrace à la langue arménienne, de sorte que nous troùvons dans la traduction de cet ouvrage des mots composés, de véritables néologismes, complétement étrangers aux règles grammaticales de l'arménien et à ses conjugaisons (87).

On ignore si les modifications et les changements introduits dans la langue arménienne par les traducteurs, furent accueillis avec faveur par leurs contemporains; mais ce que l'on sait, c'est que ce style tout nouveau, sans uniformité, et quin'était pas compris par les masses, fut rejeté d'assez bonne heure, car il disparaît complétement après le siècle des traducteurs. Au surplus, Moïse de Khorène nous donne à penser que les innovations introduites par lui et ses compagnons, dans le style arménien furent généralement peu goùtées, car il se plaint du peu de cas que ses nationaux font de la science des traducteurs et du dédain qu'ils affectent pour leur érudition (88).

Bien que le cinquième siècle soit par excellence l'àge d'or des traducteurs, cependant les Arméniens ne semblent pas avoir complétement abandonné, dans les siècles qui suivirent, la tradition des versions des livres grecs. Après un intervalle d'un siècle, nous trouvons Sarkis, qui traduisit les œuvres de Julien d'Halicarnasse (89); le vartabed Philon, auquel on doit la version de l'Histoire ecclésiastique de Socrate, qu'il continua jusqu'au temps du patrice Nersès Gamsaragan, gouverneur de l'Arménie (90). Au huitième siècle, on cite Étienne de Siounie, auteur de versions nombreuses des Pères grecs et qui s'était perfectionné dans ses études, à Constantinople, où il avait longtemps résidé (91). Enfin au onzième siècle, le prince Grégoire Magistros, investi du titre de duc de la Mésopotamie par les Grecs, et qui traduisit sur les textes originaux les éléments d'Euclide, le Timée et le Phédon de Platon (92).

Le goùt des traductions s'est du reste transmis de siècle en siècle chez les Arméniens, et c'est aujourd'hui la célèbre congrégation mékhitariste de Saint-Lazare de Venise, érigée en Académie arménienne, qui s'est imposé la làche glorieuse de continuer la tradition des anciens interprètes, en rendant à l'idiome national le caractère vraiment littéraire dont il s'était écarté a partir du sixième siècle.

Les livres religieux et liturgiques, les œuvres des Pères des églises d'Orient, constituent l'ensemble principal du travail des anciens traducteurs (93); cependant les Arméniens ne négligèrent pas non plus les ouvrages scientifiques et profanes, et on trouve dans leur littérature des versions des livres de mathématiques et de philosophie des Grecs (94). II paraît même qu'ils traduisirent Homère, car la Bibliothèque impériale de Paris possède un vocabulairepour servir à l'intelligence du texte de l'Iliade.On connaît aussi un firagment, malheureusement très-court, de la tragédie des Péliades d'Euripide, qui est perdue en grec (95). On sait encore que les Arméniens avaient traduit les comédies de Ménandre, notamment les Ἐπιτρέποντες, mentionnées dans les Prolégomènes aux Catégories d'Aristote, de Ddvid le philosophe (96).

Il serait peut-être téméraire d'affirmer, comme le prétendent certains critiques, que les historiens grecs cités par Moïse de Khorène, et dont il nons a même conservé des fragments dans son Histoire, ont été traduits autrefois dans l'idiome arménien, et il est bien plus naturel de supposer que cet écrivain, qui possédait à un si haut degré la connaissance de l'idiome hellénique, consulta simplement les textes originaux. Toutefois, si, dans l'état actuel de nos connaissances, il nous est impossible de dire que les œuvres d'Hérodote, d'Abydène, de Céphalion, de Paléphate, de Manéthon, de Jules l'Africain, etc, ont existé jadis en arménien, nous pouvons affirmer, d'après le témoignage d'écrivains très-véridiques, qu'une version de Bérose se trouvait encore, au douzième siècle, en possession des Arméniens (97), et aujourd' hui même, on est sur la trace d'un manuscrit de Diodore de Sicile (en arménien), qu'un heureux hasard aurait protégé, jusqu'à ce jour, contre les incendies et les ravages dont la Transcaucasie a été le théàtre jusqu'à la fin du dix-huitième siècle (98).

A còté de la liltérature arménienne se place une autre littérature qui a fait ègalement aux Grecs des emprunts considérables, je veux parler de la littérature géorgienne. On croit généralement que la langue géorgienne, idiome indo-eu-ropéen comme l'arménien, et qui a, avec ce dernier, des affinités très-appa-rentes, ne possédait pas de littérature écrite avant l'invention des caractères alphabétiques dont Mesrob gratifia les Géorgiens (99). Cependant certaines personnes prétendent qu'il existait autrefois, chez les Ibères et les Colches, une littérature profane et païenne qui a entièrement disparu. Tout ce que l'on peut dire, c'est que l'on n'en trouve pas la moindre trace dans les écrivains chrétiens des premiers siècles, et il est plus naturel de croire que ce fut par les Arméniens que les Géorgiens, comme aussi les Aghouank, furent initiés du même coup à la connaissance des lettres et de la foi évangélique. On n'a également que des données très-vagues sur le ròle que la langue grecque joua en Géorgie, avant l'époque de l'introduction du christianisme dans cette contrée de la Transcaucasie. Les colonies helléniques, échelonnées sur le rivage oriental de la Mer Noire, n'ont laissé comme témoignage de leur présence dans ces contrées, que quelques rares médailles dont les légendes sont en caractères grecs (100). Ce furent des prêtres syriens, venus en Géorgie, pour assurer le triomphe de la foi nouvelle, prêchée par sainte Nino (101), qui donnèrent au peuple de Karthlos ses premiers enseignements (102). Onignore l'époque précise à laquelle les traductions des livres grecs que renfermen la littérature géoi gienne furent entreprises dans ce pays, et si elles ont été faites directement sur les textes originaux ou bien sur des versions arménqiennes. On sait par le témoignage de Soulkhan Saba Orbélian, auteur d'un dictionnaire estimé (103), qu'il existait autrefois en géorgien des traductions des ouvrages de Josèphe, des Dialogues de Palton, des Catégories d'Aristote, de l'Histoire de Dion Cassius et des livres de Némésius (104). L'Εἰσαγωγὴ de Porphyre, qu'on croyait généralement avoir été traduite directement en géorgien sur le texte grec , n'est qu'une version moderne entreprise en 1735, par Zourab Chanchiani, contemporain de Wakhtang (105). Le περὶ Ἑρμηνείας fut traduit sur la version arménienne par Dosithée Nécrésil. On cite, parmi les principaux traducteurs géorgiens, Ioané Pétrisi qui vivait au douzième siècle, c'est-à-dire à l'époque la plus brillante de la littérature géorgienne; le patriarche Antoni Ier, fils du roi Iésé, qui occupa le tròne pontifical de Metzkhétha, dans le courant du dix-huitième sièle; Gaïotz; le tzarévitch Ioané, fils du roi Georges XII, qui trarduisit l'Iliade en vers Iambiques, enfin plusieurs autres encore, dont les noms ne sont pas connus, et auxquels on doit des versions d'Hérodote, des Vies de Plutarque, etc. (106).

Le goùt des traductions des livres grecs, que les Syriens inspirèrent aux Arméniens et aux Géorgiens, fut introduit également en Perse à la fin du cinquième siècle, par les exilés de l'École d'Édesse et par leurs disciples, qui avaient reçu un accueil brillant à la cour des Sassanides. Déjà, avant cette époque, les Parthes arsacides se servaient du grec comme langue officielle, et les monuments numismatiques de cette dynastie nous en fournissent la preuve irrécusable. Les grands rois s'honoraient même de porter le titre de φιλέλληνες (107). Au surplus, on ne saurait mettre en doute l'influence de la littérature grecque dans l'empire iranien, qùand Élien nous assure que les versions des livres de philosophie, de mathématiques et d'astronomie des Grecs, furent précédées d'une version en langue perse des poëmes d'Homère (108). Les tragédies grecques se jouaient même sur les théàtres de la Perse, et ce fut pendant une représentation des Bacchantes d'Euripide, que la tête de Crassus fut apportée devant le roi Orodes (109). Mais ce fut surtout à l'époque des Sassanides, et pendant le règne de Chosroès Nouschirwan, que nous voyons les lettres grecques briller de l'éclat le plus vif en Perse (110). Ce prince attira dans ses États les philosophes byzantins persécutés par Justinien, tels que Damascius le Syrien, Simphcius de Cilicie, Eulamius de Phrygie, Priscus de Lydie, Hermias et Diogène de Phénicie, Isidore de Gaza (111), et Uranius de Syrie, admirateur d'Aristote, commençal de Chosroès, qui discuta si brillamment avec les Mages, et reçut une pension sur le trésor royal (112). Chosroès passe pour avoir été le premier monarque perse qui encouragea les traductions des livres grecs, et ce fut sous son règne que furent entreprises les versions des œuvres d'Aristote et de Platon (113). Si l'on s'en rapporte au témoignage de Mohammed ben Isaq, ce fut encore sous le règne de ce même monarque, que les livres de médecine et de logique furent traduits; et c'est sur cette version que Abdullah ben Al-Mokaffa et d'autres entreprirent leurs traductions arabes (114).

La conquête de la Perse par les Arabes modifia pendant quelque temps les habitudes religieuses des populations iraniennes, et ces dernières subirent profondément l'influence des conquérants musulmans. Les Perses, qui s'étaient montrés passionnés pour les études grecques, les abandonnèrent, et ce ne fut qu'après la chute de la domination arabe, que l'hellénisme reprit en Perse un nouvel essor et arriva à une renaissance tout à fait extraordinaire. La langue nationale reprit également le dessus, et cette réaction énergique se manifesta durant toute la période du gouvernement des Ghaznévides et des Seldjoukhides. Sous Djélal-Eddin le seldjoukhide, on entreprit la traduction en persan des écrits d'Euclide et de Ptolémée. Pendant le règne d'Hou1agou, les études astronomiques furent poussées activement; l'observatoire de Maragha fut fondé et la direction en fut confiée à Naçer-Eddin, traducteur d'une partie des ouvrages de Ptolémée et commentateur des livres de morale d'Aristote et de Platon (115).

Toutefois, les versions persanes des livres grecs ne furent pas faites directement sur les textes originaux, et il paraît démontré qu'elles furent entreprises sur des traductions syriaques et arabes. Les Arabes, bien qu'ils aient été initiés à uue époque déjà ancienne, mais seulement sur quelques points restreints de leur habitation, à la culture hellénique (116), se montrèrent plus tard très-hostiles à l'étude du grec proprement dile, qu'ils ne connurent que par des traductions syriaques et persanes (117). Il paraît même certain que très-peu de musulmans ont su le grec, et les savants de l'islamisme qui pénétrèrent un peu avant dans la connaissance de la littérature hellénique, se bornèrent à consulter les ouvrages de science et de philosophie, et négligèrent de parti pris tout ce qui étail littérature proprement dite, histoire, grammaire, etc.

Ge fut seulement à l'époque des Abbassides et par suite de la présencc des médecins syriens à la cour des khalifes, que le goùt des sciences de la Grèce s'empara des Arabes. Abou-Djafar Al-Mansor, fondateur de Bagdad, attira dans cette ville des savants, et se plaisait lui-même dans l'étude de la philospphie et de l'astronomie (118). D'autres khalifes, comme Haroun Al-Raschid, Al-Ma-moun, Al-Walek Billah, Al-Mota wakel, etc, favorisèrent de tout leur pouvoir les études littéraires, encouragèrent les savants et les admirent dans leur intimité (119). Al-Mamoun montra surtout un goùt très-prononcé pour les études helléniques, en ordonnant de traduire en arabe les principaux ouvrages de science écrits en grec. Mais, chez les Arabes comme chez les Persans, les traductions des livres grecs furent faites de seconde main sur des versions syriaques, par les Nestoriens (120). Aussi faut-il considérer comme une légende le fait de l'incendie des livres grecs originaux, ordonné par Al-Mamoun, comme n'étant plus utiles, depuis qu'iI en possédait des versions dans sa langue (121).

Les khalifes, en encourageant ainsi les traductions des livres grecs et notamment des ouvrages de philosophie, de médecine, d'astronomie et de mathématiques, ont rendu à la littérature hellénique un immense service. Beaucoup de ces ouvrages, dont les textes originaux sont aujourd'hui perdus, nous ont été conservés dans les versions arabes. On doit regretter toutefois que les musulmans aient complétement laissé de còté les ouvrages littéraires et historiques des Grecs, et que la poésie des Hellènes n'ait pas trouvé chez les Arabes un seul interprète!

Malgré l'immense service que les Syriens et les Arabes ont rendu à la science, en nous transmettant des versions de beaucoup d'ouvrages grecs, on doit dire cependant que leurs traductions sont loin, pour la plupart, de reproduire toujours fidèlement le sens exact et précis des textes originaux. On comprend au surplus que des traductions arabes, faites de seconde main sur des versions syriaques des textes grecs, ont dù, en passant par différentes transformations, subir de graves altérations qui en ont dénaturé le sens primitif. La Table de Cébès, traduite en arabe, présente en effet une foule de contre-sens qui dénotent, de la part des interprètes syro-arabes, un manque d'expérience dans la connaissance du grec et une ignorance complète de tout ce qui concernait la mythologie hellénique (122).

II ne faudrait pas croire que ce furent seulement des Syriens qui se livrèrent exclusivement au pénible labeur des traductions des livres grecs dans l'idiome arabe. Nous connaissons aujourd'hui les noms d'une foule de musulmans qui avaient appris à fond le syriaque et qui traduisirent, concurremment avec les Syriens, beaucoup d'ouvrages grecs, dont il existait des versions syriaques. Nous dépasserions le cadre qui nous est tracé, si nous voulions rappeler ici les noms et les travaux de ces savants interprètes (123); contentons-nous de rappeler qu'à leur tête figure Averroès, qui ne futpas seulement un des traducteurs des écrits du philosophe de Stagyre, mais qui oommenta aussi Aristote et devint le chef d'une école célèbre à laquelle il a donné son nom (124).

Malgré son éloignement des limites extrêmes de l'extension orientale de la langue grecque, l'Inde subit à un certain degré l'influence de l'hellénisme. La fondation des royaumes grecs de la Bactriane et de la vallée de l'Indus, où des soldats. d'Alexandre avaient établi des empires, détermina l'emploi du grec comme langue officielle. Les monnaies bactriennes et autres qui, depuis quelques années, abondent dans les collections numismatiques, sont là pour attester ce fait (125). Un passage d'Élien nous donne aussi a entendre que les Indiens chantaient les vers d'Homère dans leur idiome (126). Nous savons encore que les Indiens avaient emprunté aux Grecs leur astronomie (127), et que les brahmines tenaient en grand honneur la littérature des Hellènes (128).

Les Éthiopiens reçurent également des Grecs la Bible, leurs symboles et toute leur culture intellectuelle, et ils leur furent probablement aussi redevables de leur alphabet. On connaît aujourd'hui beaucoup d'ouvrages grecs, traduits en ghez, langue classique et savante de l'Abyssinie. Ce fut dès le quatrième siècle de notre ère que la Bible des Septante fut traduite dans l'idiome éthiopien, et c'est gràce aux versions éthiopiennes des livres apocryphes de l'Ancien-Testament , entreprises dans les siècles suivants, que le livre d'Hénoch, dont le texte original est perdu maintenant, nous a été consérvé (129). On croit généralement que les Éthiopiens ne traduisirent pas directement du grec tous les ouvrages dont ils entreprirent des versions dans leur langue, et l'on s'accorde à penser que les traductions des livres grecs que possède leur littérature furent faites sur des traductions arabes (130). Cependant, au sixième siècle, le grec était la langue officielle de l'Éthiopie, car ce fut dans cet idiome qu'étaient conçus les textes épigraphiques (131) et les légendes des monnaies (132). Le code des lois dressé et mis en ordre par Gergentius, évêque de Zhafar, était aussi écrit en grec (133). Le nombre des traductions d'ouvrages grecs, coaservées dans ce que nous connaissons actuellement de l'ancienne littérature éthiopienne, est assez considérable; mais le fonds principal consiste spécialemeut dans des livres religieux et liturgiques, des Vies de saints et un recueil de maximes philosophiques (134). Ce dernier ouvrage n'est du reste qu'un extrait de sentences tirées d'Hippocrate, Galien, Platon, etc, qui a été traduit sur une version arabe.

La littérature copte, qui comporte égalemeat beaucoup de traductions d'ouvrages grecs religieux, entreprises à l'époque de l'introduction du christianisme en Égypte, paraît avoir complétement négligé les ouvrages profanes. On ne connaît, pour ainsi dire, aucun livre digne d'être signalé à l'attention des savants, et, à part les Vies des saints, qui ont fourni à Quatremère d'excellents renseignements sur la géographie de l'Égypte (135), on ne trouve, dans cette littérature, que des ouvrages d'un intérêt secondaire.

En terminant, nous donnons la liste des principales sources à consulter sur les ouvrages grecs traduits daus les différentes langues orientales.

1º Buhle, De stud. græc. liter. inter Arab. atq. rationib., dans le tome XI des Commentaires de la Société royale de Gœttingue.

2º Le même, De libr. Aristotelis interpret. arab., in prolegom. (Ed. Bipont. Aristot.)

3º Renaudot, De barbar. Ariatotelis libr, versionib., dans la Biblioth. græc. de Fabricius (Ed. Harles), t. III.

4º Camus, Des traductions des livres grecs faites en arabe et dans d'autres langues orientales, dans les Notices et extr. des ms., t. VI.

5º Sukias de Somal, Quadro delle opere anticamente trad. in armeno. (Venise, 1825.)

6º G. de Flügel, Dissertatio de arabicis scriptor. græcor. Interpret. (Misenæ, 1841.)

7º J. G. Wenrich, De auclorum græcorum versionib. et commentar. Syriac., arab., armen. persicisque commentatio. (Lipsiæ, 1842.)

8º Brosset, Éléments de la langue géorgienne, introd., p. 19, et Catalogué des livres géorg. impr. et ms. (S.-Pétersbourg, s. d.)

VICTOR LANGLOIS.

(1) Moise de Khorène. Hist. D'Arm., liv. I. ch. 30.

(2) Voir plus loin: Agathange, Histoire de Tiridate et de saint Grégoire l'Illuminateur, ch. 108, § 129 et suiv., p. 164 et suiv. — Zénob de Glag, Histoire de Daron, p. 344 et suiv. — Gorioun, Biographie de Mesrob, dans la Petite Biblioth. Arménienne (Saint-Lazare de Venise, 1854), p. 5 et suiv. Du texte arménien.

(3) Moïse de Khorènc, Histoire d'Arménie, liv. I, ch. 30.

(4) Correspondance de Grégoire Magistros; ms. Arm. De la Bibliothèque de Saint-Lazare de Venise; lettr. 46.

(5) Cf. Le Livre des Rois, éd. De M. J. Mohl, dans la collection orientale.

(6) Moïse de Khorène, Histoirc d'Arménic, liv. I, ch. 24.

(7) Id. Ibid., liv. I, ch. 31.

(8) Id. Ibid., liv. II. ch. 50, 54.

(9) Moïse de Khorène, Histoire d'Arménie, liv. II, ch. 61.

(10) Id. Ibid., liv. II. ch. 65.

(11) Emin, Vebkh.... Chants de Tancienne Arménie (en arménien). Moscou, 1850. — Historie litteraire de l'Arménie, par le père Katerdji (on arm.), vienne 1851. — Le Pazmaveb (Journal arm. Des Mékhitaristes de Venise), septembre 1850 et janvier 1851. — Étude sur les chants historiques de l'ancienne Arménie, dans le Journal asiatique, 1852. — Le P. Karékin, Hist. De la littér. Armèn. (en arm.); Venise, 1865, p. 45 et suiv.

(12) Moïse de Khorène, Hist. D'Arm., liv. III, ch. 36, 54.

(13) Cf. Plus loin, l'Histoire de Tiridate, par Agathange, traduite pour la première fois en francais sur le texte arménien, et accompagnée de la grecque, p. 105 et suiv.

(14) Cf. Plus loin, l'Histoire de Daron, p. 333 et suiv.

(15) Cf. Plus loin, la Lettre d'Abgar, p. 313 et suiv., traduite pour la première fois en francais sur le texte arméniem inédit (ms. N° 88, anc. Fonds arm.) de la Biblioth. Imp. De Pars.

(16) Nous publierons, dans le second volum de cette Collection, les œuvres historiques de ces trois écrivains célèbres.

(17) Diodore de Sicile, liv. XIX, § 13. — Polyen, liv. IV, ch. 8, § 3. — Zénob de Glag, Historie de Daron (en arm.), p. 27 et suiv. — Lazare de Pharbe, Hist. D'Arm. (en arm.), p. 27. — Gorioun, Biogrde S. Mesrob, p. 9. — Moïse de Khrène, Hist. D'Arm., liv. III, ch. 54. — Cf. Aussi les légendes des médailles arméniennes arsacides, dans notre Numismatique de l'Arménie dans l'antiquité, p. 23 et suiv.

(18) Cf. Plus loin, les fragments d'une Historie ancienne de l'Arménie, par Mar Apas Catina, recueillis par Moïse de Khorène, p. 1 et suiv.

(19) Cf. Plus loin tous les fragments historiques et philsophiques de Bardesane, qui nous sont parvenus en arménien, en grec et en syriaque, p. 63 et suiv.

(20) Cf. Plus loin, p. 313 et suiv.

(21) Olympius, appelé Oughioub par les Arméniens, était un prêtre païen qui florissait au temps de Vologèse, roi des Perses, et d'Adaschès, roi d'Arménie. II composa une Histoire du fort d'Ani, dans laquelle ii était question des énénements arrivés au temps de Vologèse et d'Ardaschès. (Moïse de Khorène, Hist. D'Arm., liv. II, ch. 48.) — Cf. Aussi le P. Karékin, Hist. De la littér. Arm., p. 78.

(22) Ardithéos était un néophyte converti par saint Grégoire l'Illuminateur, qui Téleva à la dignité épiscopale. Ardithéos, à la prière d'un cénobite appelé Marc, composa unc vie de saint Grégoire qu'il écrivit sous la forme épistolaire. (Moïse de Khorène, Hist. D'Arm., liv. II, ch. 80.) — Cf. Aussi le P. Karékin, op. cit. p., 81.

(23) Cf. Plus loin, p. 201 et suiv., la traduction de la version arménienne de la arménienne de la Bibliothèque historique de Faustus de Byzance.

(24) Khorohpoud, secrétaire de Sapor, fut fait prisonnier par Julien l'Apostat, en 362 de notre ère. Il embrassa le christianisme sous le nom d'Éléazar et traduisit en grec l'ouvrage de son compagnon de captivité Parzouma, appelé Rasdsohoun par les perses. Khorohpoud avait composé une Histoire de Jilien, de Sapor et de Chosroès, ou la fable tenait une grande place. (Moïse de Khorène, Hist. D'Arm., liv. II, ch. 69.)

(25) Plutarque, Vie de Crassus. — Appien, Guerre Parthiq., ch. 3. — suidas, sub nom. Artabaze. — Cf. Aussi Fabricius, Biblioth. Græc., t. I, liv. II, ch. 19.

(26) Eunape, Vie des Philosoph. (édit. Didot), p. 492. — Saint Gregoire le Théolog., Disc. XX° sur la mort de saint Basile. — Le même, Épigrammes.

(27) Homélies de saint Grégoire l'Illuminateur (en arm.). Venise, 1837.

(28) Hist. De Tiridate; cf. Plus loin, p. 179.

(29) Hist. De Daron; cf. Plus Ioin, p. 337.

(30) Biographie de Mesrob.

(31) Hist. Univers. (en arm.). Venise 1862, p. 51 et suiv.

(32) Ludolf, Hist. Æthiop., liv. IV, ch. I, init. — Renan, Hist. Gén. Des lang. p. 292.

(33) Assoghig, Hist. Univ. 9en arm.). Paris, 1859, p. 75. — Vartan, Hist. Univ., p. 51 et suiv. — Vartan, Explic. Des passages de l'Écriture sainte (ms. De la Bibl. Imp.; anc. Fonds arm., n° 12), et Journal astiatique (février-mars 1867), p. 200.

(34) Gorioun, Biographiede Mesrob.

(35) Moïse de Khorène, Hist. D'Arm., liv. III, ch. 53.

(36) Histoire universelle, p. 75.

(37) Historie universelle, p. 51 et suiv. — Journal asiat. (février et mars 1867), p. 200.

(38) Historie d'Arménie (en arm.); venise, 1793, p. 8.

(39) Gorioun, Biographie de Mesrob.

(40) Moïse de Khorène, Hist. D'Arm., liv. III, ch. 53.

(41) nersès Schnorhali, Historie rimée, dans les œuvres complètes de est auteur; en arm. (Venise, 1830), p. 533 et suiv.

(42) Le P. Karékin, dans son Historie de la litterature arménienne, p. 8 et suiv., est entré dans les létails les plus minutieux sur la question de l'invention des caractères arméniens. Nous avons exactement suivi son système, tout en tenant compte des renseignements précieux que M. emin a donnés sur le même sujet, dans une des notes de sou édition russe de Moïse de Khorène, p. 361 et suiv.

(43) Renan, Hist. Des lang. Sémit., p. 299. — Cf. À ce sujet Michaïlis, Gramm. Syr., § 7. — Assemani, Biblioth. Orient., t. I, p. 64 et 521; t. III, part. 2, p. 378.

(44) Bœtticher, Suppl. Lex. Arma., cf. Zeitschrift der Deutschen Morgenl. Gesellschaft, t. VIII, p. 324. — Renan Hist. Des lang. Sémit., p. 287.

(45) Renan, Hist. des lang, sémit., p. 389.

(46) Les Slaves désignent les peuples qui ne sont pas de leur race et ne parlent point leur langue, sous le nom de niemché «muets». C'est cette épithète que les populations de race slave donnent encore aujourd hui aux Allemands, parce que ces derniers ne parlent et n^entendent point l'idiome slave. — Ct. ma traduction de la Chronique de Michel le Syrien, en cours de publication à Saint-Lazare de Venise, p. 211, note 3.

(47) Thucydides, Bell. Pelop., liv. I, ch. 138. — Cf. aussi Max Müller, Leçons sur la scienee du langage troisième leçon, p. 92 et suiv. de la première édit. de la trad. française.

(48) Renan, Hist. des lang, sémit, p. 292.

(49) Renan, Hist, des lang, sémit., p. 297.

(50) Wicheihaus, De Novi Testam. Vers. syr. ant. — Wiseman, Horæ syriacæ, p. 108. — Perles, Meletemata Peschittoniana, - Renan, Hist. des lang. sém., p. 263.

(51) Assemani, Biblioth. Orient., t. I, in prologo, p. 1.

(52) Assemani, Biblioth, orient., t. I, p. 475.

(53) Assemani, t. II, p. 46, 47; t. I, p. 468, 475.

(54) Wenrich, de auctorum græcorum versionibus syr., arab., arm. persisque Comm., p, 126 et suiv.

(55) Wenrich, op, cit., p. 95 et suiv.; 241 et suiv.

(56) Moise de Khorène, Hist, d'Arm., liv. II, ch. 35.

(57) Ebed-Jesu , Cat. lib. syr., apud Asseman. Bibl. orient., t. III, P. I, p. 85.

(58) Assemani, op. cit., t. II, p. 402 et 376, t. III, P. I, p. 378.

(59) Assemani, op. Cit., t. III, P. II, p. 938.

(60) Schullz, dans les Mém. de l'Acad. de Saini-Pétersbourg, t. XIII, p. 437.

(61) Renan, Hist. des lang. Sèmit., p. 298.

(62) Macchabées, II, ch. 3, 4, 5.

(63) Renan, Hist. des lang. sémit., p. 293.

(64) Ernesti, de Jud. odio adv. litt. græc.

(65) Talmud de Jérusalem, Sota 21, 2.

(66) Renan, Hist. des lang. Sémit., p. 295.

(67) Renan, Hist. des lang. sémit., p. 168.

(68) Wenrich, op. cit., pg. 134, 140 et suiv. p. 138.

(69) Cf. plus loin Agathange, Hist. de Tiridate, p. 179. — Jean Mamigonien, Contin. de V Hist. de Daron, Mèmorial; ad calcem. — Gorioun, Biogr. de Mesrob.

(70) Wenrich, op. cit., p. 49 et suiv. — Quatremère, Mém. sur les Nabatéens, p. 139.

(71) Cf. plus loin, Jean Mamigonien, Contin. de Thistoire de Daron, Mémorial; ad calcem.

(72) Grégoire le syrien, Schol. du psaume XV. — Briani Waltoni, in proleg. Bibl. polygl., (Ed. Dath), p. 621.

(73) Moise de Khorène, Hist. d'Arm., liv. III, ch. 53. — Lazare de Pharbe, Hist. d'Arm., p. 30-32. — Gorioun, Biogr. de Mesrob.

(74) Moise de Khorène, op, cit., liv. III, ch. 54, 60. — Gorioun, Biogr. de Mesrob.

(75) Sukias de Somal, Quadro delle opere di vari autori anticamente tradotte in armeno. (Ven., 1825). — Karékin, Hist. de la littér, arm., p. 179 et suiv.

(76) Moïse de Khorène, Hist. d'Arm., liv. III, ch. 61, 67.

(77) Gorioun, Biogr. de Mesrob.

(78) Moïse de Khorène, Hist, d'Arm., liv. III, ch. 60.

(79) (Venise, 1826), en arm. — Levaillant de Florival, Réjutation des païens (Paris, 1853).

(80) (Venise, 1854), en arm.

(81) Lazare de Pharbe, Hist. d'Arm, (Venise, 1793), en arm.

(82) Gorioun, Biogr, de Mesrob. — Moïse de Khorène, Hist, d'Arm., liv. III, ch. 53.

(83) Petite Biblioth. armenienne, (Venise, 1833), en arm.

(84) Moïse de Khorène, Hist, d'Arm., liv. III, ch. 60.

(85) Karékin, Hist. de la litt. arm., p. 192 et suiv.

(86) Karékin, op, cit., et suiv. p. 179.

(87) Chahan de Cirbied, Gramm. de Denys de Thrace, textes grec et arm. avec trad. franç. (Paris. 1830.)

(88) Moise de Khorène, Hist. d'Arm., liv. I, ch. 2 et 3.

(89) Sukias de Somal, Quadro delle opere ...., p. 40.

(90) Tchamitch, Hist, d'Arm. (en arm.) t. II, p. 375.

(91) Tchamitch, op, cit., t. II, p. 399.

(92) Grégoire Magistros, Correspondance (en arm.), lettre 46. — Sukias de Somal, Quadro della storia ..., p. 70, 71. — Le même, Quadro delle opere ..., p. 33.

(93) Sukias de Somal, Quadro delle opere ...; passim, — Le Pazmaveb, 1861, p. 159, 191 et suiv., 224, 293; 1862, p. 32, 128.

(94)Sukias de Somal , Quadro delle opere ...; passim.

(95) Moise de Khorène, Bhétorique (Venise, 1843), en arm., p. 383 et suiv.

(96) Neumann, David le philosophe, p. 54 du tirage à part, extrait du Journal asiatique, 1829. Ménandre (de la collectiou Didot) p. 18.

(97) Samuel d'Ani, Chronographie (ms. de la Bibl. imp. de Paris, anc. fonds, n° 96), fol. 1 verso, 3 verso et 7 recto.

(98) On comprend la réserve que m'impose la nouvelle d'une découverte aussi capitale. Si, comme je l'espère, le manuscrit de Diodore peut être acquis ou copié par des Européens, la publication fera dans le monde savant une véritable sensation.

(99) Moïse de Khorène, Hist, d'Arm., liv. III, ch. 54.

(100) Mionnet, Descript. des méd, grecques; Colchide, Ibérie.

(101) Moïse de Khorène, Hist. d'Arm., liv. II, ch. 86 et suiv. — Wakhtang, Hist. de la Géorgie, trad. de M. Brosset, t. I, p. 202 et suiv.

(102) Brosset, Hist, de la Georgie, t. I, p. 202 et suiv., et Addit, VI, p. 125 et suiv.

(103) Le Bouquet des mots, ms. de la Bibl. imp. de Paris; anc. fonds géorgien, init.

(104) Brosset, Gramm. géorg., introd., p. 19.

(105) Brosset, Rapports sur un voyage en Géorgie, VIIe Rapport, p. 63.

(106) Brosset, Catal. des livr. Gérg. à la suite de son Discours sur la littér. géorg. (S.-Pét., s. d.)

(107) Mionnet, Descript des monn. grecques. Cf. Arsacides de Perse. — Longpérier, Mém. sur la chron. et l'icon. des Arsac., p. 5, 6.

(108) Æliani variæ histor., liv. XII, ch. 48 (éd. Didot).

(109) Plutarque, Crassus, XXXIII, p. 673 (éd. Didot).

(110) Assemani, Bibl. orient., t. I, p. 203, 251, 406; t. II, p. 402; t. III, P. I, p. 226, 376. — Fabricius, Biblioth. med. et inf. latin., t. IV, p. 204, note. — Wisemann, Horæ syriacæ, 2(??) part., § V, note. — Renan. Hist. des tang. Sém., p. 285.

(111) Agathias, De imp. et reb. Justiniani, liv. II, ch. 30, 31.

(112) Agathias, op. cit., liv. II, ch. 29, 32.

(113) Agathias, op. cit., liv. II, ch. 28.

(114) Wenrich, op. cit.; passim.

(115) Aboulpharadj, Hist. dynast., p. 548 du texte arabe, et 338 de la vers. lat.

(116) Droysen, Geschichte des Hellenismus, II, 645, 731,746. — Reinaud, Géogr. d'Aboulféda, introd. p. 382. — Renan, dans le Bulletin archéol. franç., sept. 1856. — Le même, Hist, des lang. sémit., p. 299-301.

(117) Renan, De philos. peripat. apud Syros, § 8. — Le même, Hist. des lang. Sémit., p. 297-298, 378-379.

(118) Aboulpharadj, Hist, dynast., p. 246 du texte, et 160 de la vers. Lat.

(119) El-Maçin, Hist. Sarrac., liv. II, ch. 3, p. 401.

(120) Renan, De philos. perip. apud Syros, § 8. — Le même, Hist. des lang. sémit., p. 365.

(121) Brucker, Hist. crit. philos., t. III, p. 38.

(122) Wenrich, op. cit., p. 39.

(123) Wenrich, op. cit.; passim.

(124) Renan, Averroès et l'averroïsme; essai historique (2(??) édit.).

(125) Raoul-Rochette, Notice sur les médailles grecques de la Bactriane et de l'Inde. (Extr. du Journal des savants, années 1834, 35, 36.)

(126) Æliani variæ histor., liv. XII, ch. 48.

(127) Weber, Hist. de la littérat. indienne, trad. franç. p. 36, 49, 372 et suiv.

(128) Philostrate, Vie d'Apollonius de Thyane, liv. III. 12. — Weber, op. cit., p. 378. — Reinaud. Mém. Sur l'Inde, p. 86-87.

(129) Dillmann, Henoch liber, xthiopice cum variis lectionibus (Leipsik, 1851).

(130) Renan, Hist. des lang. sém., p. 335.

(131) Bœckh et Franz, Corp. inscr. Grxc., t. III, p. 512 et suiv., § 15. — Letronne, Journaldes savanis, mai 1825. — Le même, Mèm. de l'Acad. des Inscr., t. IX, p. 128 et suiv. — Le même, Matériaux pour servir à l'hist. du christ. en Égypte, Nubie, eic., p. 44-52. — Droysen, Geschichte des Helienismus, t. II, p. 744 et suiv.

(132) Ma Numismatique des Arabes avant l'islamisme, p. 148 et suiv.

(133) Hammer, Literaturgeschichte des Araber, t. I. — Renan, Hist. des lang. sém., p. 300-344.

(134) Catalogue des ms. éthiopien de M. d'Abbadie, nº 26 et passim; et Catalogue du fonds éthiopien de la Bibliothèque impériale, nº 40 et passim.

(135) Quatremère, Mém. géogr. sur l'Égypte (Paris, 1841).

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